Aller au contenu

Performance9 min

Site internet lent : pourquoi, et combien de clients il vous coûte

Ordinateur portable affichant des lignes de code sur un bureau de travail

Un site lent ne prévient pas : les visiteurs repartent avant d'avoir vu la page, et personne ne vous le dit. Voici comment savoir si le vôtre l'est, ce que Google mesure réellement, les causes que l'on retrouve presque partout, et par quoi commencer.

Comment savoir si votre site est lent

  • Ouvrez votre site sur votre téléphone, en 4G, loin du wifi du bureau. C'est dans ces conditions que la majorité de vos visiteurs le découvrent.
  • Collez son adresse dans PageSpeed Insights, l'outil gratuit de Google. Regardez d'abord le bloc du haut, qui résume ce que vivent vos vrais visiteurs, avant la note sur 100.
  • Si votre site est déclaré dans la Search Console, ouvrez le rapport « Signaux Web essentiels » : il liste les pages trop lentes, sur mobile et sur ordinateur.

Une précision qui évite bien des malentendus : la note sur 100 affichée par Lighthouse n'est pas celle que Google utilise. Lighthouse simule une visite sur une machine volontairement bridée ; c'est un banc d'essai, utile pour comparer deux versions d'une page. Google, lui, classe les pages sur les mesures relevées chez les visiteurs réels, sur vingt-huit jours glissants. Une page peut afficher 98 en laboratoire et rester en rouge dans la Search Console.

Ce que Google mesure : LCP, INP, CLS

Le LCP (Largest Contentful Paint) mesure le moment où le plus grand élément visible de l'écran est enfin affiché. Le seuil est de 2,5 secondes. Sur un site vitrine, cet élément est presque toujours l'image de couverture ou le grand titre du haut de page.

L'INP (Interaction to Next Paint) mesure le temps que met la page à réagir quand on touche un bouton, un menu ou un champ, sur toute la durée de la visite. Il a remplacé le First Input Delay en mars 2024, et il est plus sévère : il compte toute la chaîne, jusqu'à l'affichage de la réponse. Le seuil est de 200 millisecondes.

Le CLS (Cumulative Layout Shift) compte les déplacements de contenu qui surviennent après l'affichage. Le seuil est de 0,1. C'est le plus facile des trois à corriger, et le plus irritant pour le visiteur : c'est lui qui fait cliquer sur le mauvais bouton.

Les causes les plus fréquentes

  • Des images trop lourdes : une photo de 3 Mo sortie de l'appareil, redimensionnée par le navigateur. C'est la cause numéro un, et la plus simple à corriger. Il faut la servir dans un format moderne, à la taille réellement affichée.
  • Un hébergement d'entrée de gamme : si le serveur met déjà une seconde à répondre, aucune optimisation ne rattrapera le retard.
  • Un constructeur de pages et des extensions en trop : chaque module ajoute son code à chaque page, même quand il ne sert pas.
  • Les scripts tiers : fenêtre de discussion, pixels publicitaires, carte intégrée, vidéo YouTube en haut de page. Chacun se charge depuis un autre serveur, et bloque souvent l'affichage.
  • Les polices : trois familles en cinq graisses, chargées depuis un service externe, retardent l'affichage du texte.
  • Des images et des cadres sans dimensions déclarées : le contenu saute au chargement, ce qui dégrade le CLS.

Par où commencer

  • Prendre la page la plus visitée — souvent l'accueil — et elle seule.
  • Corriger le LCP avant tout le reste : compresser et redimensionner l'image du haut, la déclarer prioritaire, précharger la police.
  • Retirer ce qui ne sert pas : extensions inutilisées, scripts d'outils abandonnés, vidéo remplacée par une image cliquable.
  • Donner des dimensions à chaque image et réserver la place des bandeaux ajoutés après coup.
  • Attendre : les données de Google sont lissées sur vingt-huit jours. Un correctif déployé hier ne se verra pas avant plusieurs semaines.

Si ces corrections ne suffisent pas, c'est souvent que le problème est structurel : un thème trop lourd, ou un hébergement à changer. Une refonte se justifie alors, mais seulement à ce stade.

Ce que la vitesse rapporte vraiment

Soyons honnêtes : comme critère de classement, la vitesse pèse peu face à la pertinence du contenu. Son vrai rendement est ailleurs. En 2020, une étude de Deloitte pour Google (« Milliseconds Make Millions ») a mesuré qu'un gain d'un dixième de seconde sur mobile augmentait les conversions de 8,4 % sur les sites de commerce. Une page qui s'affiche en une seconde au lieu de quatre garde des visiteurs qui, autrement, seraient repartis avant de l'avoir lue : c'est un gain de clients, pas de position.

← Tous les conseils